A Propos
La nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
- Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,Ayant l’expansion des choses infinies,
Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.Correspondances – Charles Baudelaire (Les Fleurs du Mal)
Au début, il y eut un cri. Un cri muet. Un cri qui n’arrivait pas à sortir. Les mots n’étaient d’aucune utilité. Pire, ils constituaient un véritable carcan.
De là est né le besoin de sortir de cet asservissement….
A défaut de pouvoir m’exprimer à travers un processus artistique qui me serait propre, j’ai eu recourt à l’art des autres. Non pas comme finalité, mais comme support de mes propres émotions. Toutes ces sensations passées, dont l’écho se prolonge encore en moi aujourd’hui, sont associées à des films, des musiques, des dessins….
Il m’apparait de la plus simple évidence que mes sentiments au présent peuvent être extériorisés au moyen de tous ces signes et ces symboles, qui m’appartiennent parce que, un jour, je me les suis appropriés.
Très banalement, ce blog n’est qu’histoire d’expression. A l’exception de cet A propos, les mots en seront banis…
Sam Lowry
C’est précisément (…) pour m’avoir libéré des mots, ces collants partenaires, que les dessins sont élancés et presque joyeux, quand leurs mouvements m’ont été légers à faire même quand ils sont exaspérés. Aussi, vois-je en eux, nouveau langage, tournant le dos au verbal, des libérateurs.
Qui, ayant suivi mes signes sera induit par mon exemple, à en faire lui-même selon son être et ses besoins, ira, ou je me trompe fort, à une fête, à un débrayage non encore connu, à une désincrustation, à une vie nouvelle ouverte, à une écriture inespérée, soulageante, où il pourra enfin s’exprimer loin des mots, des mots, des mots des autres.
Henri Michaux (Postface de Mouvements, 1951)

Quand on regarde des images, qu’elles soient film, photographie, dessin, peinture, les émotions remontent à la surface et avec elles, les mots.
Clothilde B.
Je ne sais pas trop…. ce n’est pas faux bien sûr, loin de là. Mais parfois, il me parait tellement vain de vouloir mettre des mots sur ces émotions là. Je continue de penser que, à certains moments, il vaut mieux juste exprimer ses émotions de façon brut, sans phrase, sans construction, sans style. Même si ça implique forcément de ne pas être forcément bien compris. Et même si, évidemment, ça n’empêche pas d’écrire par ailleurs….